La perception est singulière. A partir d'une infinité de
détails disponibles, chaque personne bricole sa vision au moyen de ses propres
filtres.
Artiste américain installé à Paris depuis douze ans, Marcus
McALLISTER traque sa perception à travers une pratique rigoureuse du carnet
comme " estomac onirique ". Un exercice de volonté sur le hasard, le carnet
organise des informations aléatoires, tisse les premiers liens. Le carnet fait
sens.
Mais ce rêve de sens se dissimule dans une imbrication de texte
et de dessin, de figuration et d'abstraction. Le carnet, premier niveau de
compréhension, conduit donc à une élaboration approfondie dans la
peinture.
Un tableau est une prise de recul, permettant une libre rêverie.
Une page de carnet en devient la carte, et l'exploration y dévoile d'autres
possibilités. Le sens restant sujet à une multitude de grilles de lecture, les
pistes sont ouvertes.
Chaque oeuvre, qu'elle soit dessin, peinture ou page de carnet,
est un rebondissement vers une autre, l'étude de la suivante.
Le passage au tableau n'est pas uniquement un changement de
support mais aussi une volonté de se confronter à un changement d'échelle.
Chaque tableau est une exploration de la peinture pour dissoudre le trait de
dessin et ramener au 1er plan des éléments d'abstraction. Le texte devient trame
et les jeux de matière et de transparence s'amplifient.
Les
carnets
Ni carnet de voyage, ni journal intime, ni feuilleton : le
carnet de l'artiste est un entrelacs de dessins et de textes au gré de son
imaginaire et de ses lectures où chaque page est une entité en soi.
Deux règles strictes élaborent une série ordonnée de carnets
:
1) toujours garder avec soi le carnet en cours
2) ne jamais retoucher
une page tournée, mais ré-explorer les difficultés au sein d'une nouvelle page,
parfois plusieurs.
Le carnet exige d'en garder une trace. La page est
soigneusement référencée - n°de carnet, n° de page - photocopiée puis
réinsérée.